Version Moderne
Version Originale
Ah, quelle mauvaise nouvelle pour un amoureux ! Je me trouve dans une situation vraiment difficile ! Sylvestre, tu dis que mon père revient ?
Ah ! fâcheuses nouvelles pour un cœur amoureux ! Dures extrémités où je me vois réduit ! Tu viens, Sylvestre, d’apprendre au port, que mon père revient ?
Qu’il arrive ce matin même ?
Qu’il arrive ce matin même ?
Ce matin même.
Ce matin même.
Et il veut me marier ?
Et qu’il revient dans la résolution de me marier ?
Avec une fille du seigneur Géronte ?
Avec une fille du seigneur Géronte ?
Oui, du seigneur Géronte.
Du seigneur Géronte.
Et cette fille est venue de Tarente ici pour ça ?
Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour cela ?
Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle ?
Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle ?
Oui, de votre oncle.
De votre oncle.
À qui mon père les a envoyées par une lettre ?
À qui mon père les a mandées par une lettre ?
Oui, une lettre.
Par une lettre.
Et tu dis que cet oncle est au courant de tout ?
Et cet oncle, dis-tu, sait toutes nos affaires ?
De tout.
Toutes nos affaires.
Parle, ne me fais pas te tirer les mots de la bouche.
Ah ! parle, si tu veux, et ne te fais point, de la sorte, arracher les mots de la bouche.
Que dire de plus ? Vous avez tout compris et résumé parfaitement.
Qu’ai-je à parler davantage ? vous n’oubliez aucune circonstance, et vous dites les choses tout justement comme elles sont.
Conseille-moi, dis-moi ce que je dois faire dans cette situation difficile.
Conseille-moi, du moins, et me dis ce que je dois faire dans ces cruelles conjonctures.
Franchement, je suis aussi embêté que vous et j'aurais bien besoin de conseils moi-même.
Ma foi, je m’y trouve autant embarrassé que vous ; et j’aurois bon besoin que l’on me conseillât moi-même.
Ce retour inattendu me tue.
Je suis assassiné par ce maudit retour.
Moi aussi.
Je ne le suis pas moins.
Quand mon père saura tout, je vais subir une tempête de reproches.
Lorsque mon père apprendra les choses, je vais voir fondre sur moi un orage soudain d’impétueuses réprimandes.
Les reproches ne sont rien, j'aimerais m'en sortir aussi facilement ! Mais je risque de payer cher pour vos erreurs, je vois venir une pluie de coups.
Les réprimandes ne sont rien ; et plût au ciel que j’en fusse quitte à ce prix ! mais j’ai bien la mine, pour moi, de payer plus cher vos folies ; et je vois se former, de loin un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules.
Mon Dieu ! Comment sortir de cette situation ?
Ô Ciel ! par où sortir de l’embarras où je me trouve ?
Vous auriez dû y penser avant de vous y mettre.
C’est à quoi vous deviez songer avant que de vous y jeter.
Tes leçons inopportunes me tuent.
Ah ! tu me fais mourir par tes leçons hors de saison.
Vos actions étourdies me tuent bien plus.
Vous me faites bien plus mourir par vos actions étourdies.
Que dois-je faire ? Quelle décision prendre ? Quel solution trouver ?
Que dois-je faire ? Quelle résolution prendre ? À quel remède recourir ?